mardi 21 janvier 2020

Au détour des brocantes…


Oui, je sais, je manque de temps pour bloguer ces temps-ci. Mes plus plates excuses aux élèves des classes de madame Carelle, madame Martika et madame Kathryn qui suivent mon blog en guise d’activité d’enrichissement — mais je vous rassure, j’ai envoyé à vos enseignantes une liste de bouquins et de documentaires pour palier à ce manque. Continuez de bien travailler sur vos cabinets de classe, j’ai très hâte de les visiter en début juin.

Faute d’écrire un long billet, j’ai pensé vous montrer ce que j’ai déniché dans les bric-à-brac durant les Fêtes, afin de vous donner envie d’aller y fouiner, vous aussi.


Corne de vache suisse
Les vaches suisses sont aussi caractéristiques à ce pays que le la fondue au fromage ou le chocolat.


J’ai trouvé une corne de vache à la Ressourcerie pour 5$. Un paysage y était peint, ainsi que les mots « souvenir de Suisse », mais j’ai tout sablé avec du papier 400.


On utilisait jadis ces cornes pour boire : elles sont creuses, comme toutes les cornes.

(p-s : pour l’anecdote linguistique, « suisse » est le seul mot de la langue française dont le gentilé féminin (suissesse) diffère de l’adjectif féminin (suisse). Pour en rajouter, sachez qu’au pluriel, « suissesses » est le mot français qui contient le plus de « s »).  



Peau de vison
Il fut jadis à la mode de porter un vison préservé en guise d’étole ou d’écharpe.


Honnêtement, je trouve ça dégueux — la place d’un animal naturalisé est dans une salle destinée à l’histoire naturelle et non dans le cou d’une personne désirant exhiber son aisance financière… enfin, c’est mon opinion.

Bref, la Ressourcerie a un bac où se trouvent divers petits objets de fourrure, principalement des chapeaux et des manchons. Quand j’ai vu ce vison naturalisé à 4$, je n’ai pas hésité.


C’est du bel ouvrage, si bien que je songe peut-être à modeler un corps dans l’argile et le recouvrir de cette fourrure pour en faire une vraie taxidermie.



Lampe à pétrole

À ne pas confondre avec une lampe à l’huile ! Les lampes à l’huile existent depuis la Préhistoire — on se servait alors d’une pierre creuse où l’on mettait un morceau de graisse. Avec le temps, les lampes à l’huile ont pris différentes formes, en passant de la lampe d’Aladin aux briques carrées mongoles, sans oublier les urnes byzantines. Puis, vers le milieu des années 1800, on a inventé la lampe à pétrole ornée de verre.



Celle-ci est datée de 1890 et je l’ai trouvée au Village des Valeurs, pour 2$.




Crâne de hibou

Celui-ci ne vient pas d’un commerce, mais du bric-à-brac abandonné dans une grange que mon oncle Marcel a acheté.

Il s’y trouvait une atroce tentative de naturalisation d’un hibou. Je crois que, de ma vie, je n’ai jamais vu un spécimen plus raté, avec ses yeux de plastique provenant d’un toutou qui semblaient m’implorer de mettre fin à sa honte.

Non, je ne mets pas d’image !

Ce qui était intéressant, c’est que ledit hibou fut naturalisé à l’ancienne méthode : on avait bourré son corps de paille (d’où le terme « empailler ») et on avait conservé son crâne en le couvrant d’argile.
J’ai donc pu récupérer ce crâne en le retirant de son emplacement et en le laissant tremper dans l’eau très chaude. L’argile a ramolli et le crâne s’est révélé.

  
Alors voilà pour l’instant… j’ai vraiment hâte de vous parler de deux cadeaux que j’ai reçu récemment d’oncle Clodjee, mais il y a énormément d’informations à mettre et je manque de temps…



jeudi 26 décembre 2019

Une visite pour le temps des Fêtes...


En cette période de réjouissances, j'ai décidé de vous offrir le cadeau que vous avez été nombreux à me demander, c'est-à-dire une visite virtuelle de mon bureau / cabinet (et comme je viens de faire le ménage pour y recevoir mon frère et ma belle-soeur, je me suis dit que c'était maintenant ou jamais).

Alors voici ce qui vous attend dès que vous ouvrez la porte de mon bureau...




Votre regard se porte automatiquement sur le mur du fond, où se trouvent les pièces les plus impressionnantes...


Prenez votre temps pour voir les détails...





Un regard à votre gauche, vous verrez le vaisselier où je range mes ouvrages de références...


...derrière les portes du bas se trouve l'essentiel de mes fournitures de bureau. Baissez les yeux, vous verrez le mini-bar dans lequel je range également quelques trucs ; sur ce mini-bar, mon atlas de 1890, une collection de coraux fossilisés et une carafe de verre où je verse généralement de l'eau.


Maintenant, levez les yeux...


...petite étagère fabriquée avec des retailles de lambris et mon fameux mur aux cadrans.

Retournez-vous vers le mur opposé au vaisselier...


...et voilà où j'en suis dans mes aménagements !

Notez que trois meubles sont des dons de gens qui souhaitaient s'en débarrasser (vaisselier, petite table et mini-bar). La grosse malle fut trouvée au bord du chemin, le bureau-secrétaire acheté à 30$ à la Ressourcerie (en érable massif !).



De l'art de la dissimulation...


...car oui, pour ne pas briser l'ambiance, je dois cacher les objets modernes. Le plus facile, c'est mon portable, planqué dans un tiroir (et ça le protège des cafés renversés).



...mon cellulaire a un étui tout à fait approprié...


...un vieux coffre à bijoux me sert de coffre à crayons...




...un faux livre pour mes supports de sauvegarde...




...un coffre pour mes projets de romans, classés dans des pochettes...




...autre coffre, cette fois pour les calepins...



...attaquons-nous finalement à la pièce de résistance...

J'ai dit plus haut que j'avais fabriqué moi-même l'étagère du fond.


Ce n'est pas sans raison...

...approchons-nous...



...et comme dans tout bon roman d'aventure...



...se trouve derrière la bibliothèque...



...une pièce dissimulée !



Ou plutôt, un placard dissimulé !

Le système est tout simple : j'ai retiré la poignée et je l'ai réinstallée à la verticale. J'ai ensuite construit ma bibliothèque en lambris de pin (ce qui est très léger), je l'ai vissé dans la porte, puis j'ai évidé un gros livre pour cacher la poignée.

Tout bête, mais il fallait y penser !

Sur ce, j'espère que la visite vous a plu, et un très joyeux temps des Fêtes à vous !


mercredi 18 décembre 2019

Mise à jour : Informations pour les billets spéciaux

Comme vous l'avez vu dans le billet précédent, j'accepte de rédiger des billets spéciaux dans un but éducatif. En plus de mes études en biologie moléculaire, je dispose d'un certificat en enseignement (deux années entières et 188 heures de suppléance).

Je peux rédiger un billet sur n'importe quel sujet traité sur ce blog (je tiens à rester dans la thématique) en m'adressant autant aux enfants du préscolaire qu'aux jeunes adultes en fin de secondaire.

Je n'intégrerai toutefois aucune référence aux manuels scolaires ou aux projets de classe spécifiques : le billet doit être accessible à tous les lecteurs. Le billet fera tout au plus 1000 mots ou devra être divisé en deux billets.

En guise de paiement, je demande une preuve du virement d'un don de 10$ (ou plus !) au Club des petits déjeuners. Deux billets exigent un don de 20$, et ainsi de suite.

Je remercie d'ailleurs madame Carelle pour le premier don d'une (je l'espère) longue collaboration.

Votre cabinetier tout-dévoué,

Sébastien Chartrand



Demande spéciale : les nervures de la feuille


À la demande d’une amie enseignante en sixième année primaire, madame Carelle, voici un billet spécial sur les nervures des feuilles. Il sera donc écrit spécifiquement pour ce lectorat.


Les nervures d'une feuille sont des prolongements de la queue de la feuille, dont le vrai nom est pétiole.  

L'ensemble des nervures d'une feuille constitue la nervuration.

On peut comparer les nervures d’une feuille aux veines du corps humain. Les veines font circuler le sang alors que les nervures font circuler l’eau et la sève, qui est le « sang » de la plante.

Mais les nervures de la feuille forment aussi son « squelette ».

Il y a cinq façons dont les nervures peuvent être disposées :




Elles ont toutes un nom facile à trouver sur Internet pour les plus curieux.

Lorsque l’on regarde une feuille de près, on peut généralement voir ses nervures principales : ce sont les plus grosses. Mais il y a aussi des nervures secondaires et tertiaires, plus petites et difficiles à distinguer (surtout pour les feuilles du type B sur l’image ci-dessus).


Voici donc une curiosité végétale de mon cabinet :


On dirait que la feuille est intacte parce qu’elle est sur un fond noir. Mais en réalité, il ne reste que ses nervures. C’est plus facile à voir si je la pose sur ces blocs colorés…


Comment est-ce possible ? C’est que les feuilles se décomposent en deux phases principales : d’abord la partie « molle » de la feuille (disons sa « peau ») sera dévorée par de minuscules animaux nommés « détritivores » (si « herbivore » veut dire « manger de l’herbe », « détritivore » veut dire « manger des détritus », un autre mot pour dire « ordures »).

Une fois que les détritivores ont mangés les parties molles de la feuille, il ne reste que les nervures (exactement comme quand un animal décompose, son squelette reste beaucoup plus longtemps). C’est à ce moment que cette feuille a été ramassée. Si on l’avait laissée là, elle aurait vite achevé de se décomposer.





Impression libre tant que l'URL de la page web est indiqué en note infrapaginale.

mardi 17 décembre 2019

Fantastiques végétaux


Les merveilles du règne végétal avaient leur place, bien entendu, dans tout bon cabinet : certains étaient même spécialisés en spécimens botaniques.

Je n’ai vraiment pas le pouce vert et Sonya, en dépit de toute sa bonne volonté, est à peine plus habile que moi en la matière. J’ai donc décidé de tenir un herbier dont j’ai déjà exposé quelques spécimens et commencé à ramasser les noix les plus étranges que je croise.

Néanmoins, les canulars sont également nombreux dans les curiosités végétales. J’ai déjà montré mon prétendu bois du terrible Umdhlebi.






Voici maintenant un classique...

Racine de mandragore

Sur le plan strictement botanique, la Mandragore (ou Mandragora officinarum) est un végétal appartenant à la grande famille des solanacées (on peut par exemple citer la pomme de terre et la tomate dans cette catégorie de plantes) que l'on trouve principalement dans les pays qui forment le bassin méditerranéen (plus précisément, dans le lit des rivières à sec).

L'aspect visible de la Mandragore prend la forme d'une touffe végétale (d'une hauteur moyenne de 30 centimètres) composée de larges feuilles gaufrées, rehaussées de fleurs à 5 pétales de couleur blanche (tirant sur le verdâtre), bleue ou mauve. A maturité, la plante donne naissance à des baies comestibles (avec modération) jaunes ou rouges de 3 à 5 centimètres de diamètre.



Outre son ravissant feuillage, la solanacée est également pourvue de racines de type pivotant (dotée d'une base droite où s'ajouteront latéralement d'autres racines) qui peuvent s'enfoncer profondément dans le sol et atteindre 80 centimètres de longueur pour un poids de plusieurs kilos, dont la forme générale n'est pas sans rappeler (vaguement) un être humain.



Doté de surnoms divers et variés ("mains de gloire", "madagloire", "pomme d'amour", "pomme de chien", "belladone sans tige", "Dudaïm", "Jabora",...), la Mandragore a été maintes fois associée aux pratiques magiques. On prétendait jadis que la mandragore poussait un cri mortel lorsqu’on l’arrachait. Les alchimistes l’attachaient donc à un chien, puis lançaient une friandise pour que celui-ci arrache la plante et meurt à la place de son maître (lequel n’a jamais songé, par exemple, à attacher la plante à un lourd tronc qu’il ferait chuter)…

Traditionnellement, la racine de Mandragore peut servir de talisman (elle confère à son porteur une certaine protection, la chance, la richesse et aide les pratiquants des arts divinatoires) ou remplacer les fameuses statuettes de cire employées dans les envoûtements.

Il s’agissait de pièces très convoitées dans un cabinet.

Voici la mienne :


Creepy……..


En fait, il ne s’agit pas du tout d’une racine de mandragore mais bien d’un montage de quelques panais séchés.

Voici la procédure :

1) Taillez quelques panais pour faire le tronc et les membres de votre mandragore factice.


2) Fixer le tout avec des cure-dents.


3) Laissez sécher au soleil. Comme sa cousine la carotte, le panais est une racine. Il se préservera comme du bois.



4) Coupez les bouts de cure-dent qui dépassent et solidifier à la Crazy glue.




Fleur de Baara

Malheureusement, il s’agit d’une création de l’histoire naturelle médiévale que l’on a oublié avec le temps (comme le trolual dont j’ai déjà parlé). Il s’agit toutefois d’une de mes préférées. 

Plante dite « ignée », sa fleur ressemble à une flamme. « Cette plante est d'une couleur qui ressemble à celle du feu. Vers le soir, les rayons qu'elle émet sur ceux qui s'avancent pour la saisir en rendent la cueillaison difficile. » écrivait Flavius Josephe.


Pierre Boiastuau qui a écrit au XVIe siècle, un livre sur les prodiges intitulé Histoires prodigieuses, où il prétend qu'elle a une « couleur & splendeur de flamme, & éclairoit de nuict comme une lampe ». Il nous fournit également une gravure qui permet de voir que selon lui la Baara n'émet plus des rayons mais est capable de produire des véritables flammes.



J’adore l’idée d’une plante ignée.

Ma fleur de Baara est une simple célosie plumeuse rouge (celosia plumosa pyramidalis). 



Je l’ai fait sécher la tête en bas, puis mise sous verre.


Ressemblant, non ?




Palingénésie

Quête peu connue des alchimistes, la palingénésie consiste à ramener à la vie divers éléments morts de la nature — par exemple, faire jaillir un arbre à partir de cendres de bois.


On peut voir ici un portrait de l’alchimiste Paracelse s’adonnant à cette pratique 
par J. Augustus Knapp (1895).



De façon plus générale, la palingénésie est plus simplement le retour à la vie des divers éléments de la nature. Les plantes se nourrissent de minéraux, les animaux se nourrissent de plantes, les hommes se nourrissent des animaux ou de leurs produits ; en respirant, tout vivant assimile germes et poussières... Dans ce cycle toujours recommencé, les composants de la vie s'échangent, se redistribuent après la mort. C'est la palingénésie universelle (les alchimistes ne cherchaient pas qu'à produire de l'or. Outre la palingénésie, leurs recherches sur les mécanismes de la vie incluent les quêtes de l'homoncule, du takwin (variante arabe du précédant), de la génération spontanée, de la réanimation des corps et de la panacée universelle)...

J’ai décidé de m’adonner à l’expérience (celle de la palingénésie), ou du moins à quelque chose qui y ressemble…

J’avais lu un article où un monsieur gardait dans une bouteille scellée une plante qui vivait depuis 40 ans sans aucun apport extérieur. Un véritable écosystème fermé !


Vous ne trouvez pas qu'il ressemble au portrait de Paracelse plus haut ? Creepy.... 


La décomposition des feuilles fourni le CO2 et les nutriments, la plante rejette de l’humidité qui s’accumule sur le verre et arrose le sol. De la vraie palingénésie ! 

Voici mon humble essai… on verra si la culture "en bouteille" me fera verdir le pouce...