jeudi 28 juillet 2022

Refonte du blogue...

C'est officiel, le blogue sera reforgé cet automne.


Les publications reviendront régulièrement, probablement au rythme d'une publication aux deux jours. Il n'y aura toutefois que six billets longs par mois ; les autres billets seront une brève présentation d'une curiosité en quelques lignes.


Je fais déjà un échauffement d'écriture chaque matin avant de me mettre au boulot. Le blogue désormais occupera une partie de ce rôle, mais pas tous les jours : je me préserve quelques plaisirs d'écriture comme inventer des contes et des comptines pour mes enfants ou consigner les anecdotes farfelues qui m'arrivent (étrangement) souvent.


On se revoit cet automne ! Après tout, je ne vous ai même pas encore montré le tiers de mes curiosités !



      

Mission monarque

On apprenait récemment que l’Union internationale pour la conservation de la nature vient d’inscrire le monarque sur sa Liste rouge des espèces menacées.


Triste nouvelle et malheureusement, cette liste risque de s'allonger dramatiquement au fil des prochaines années.


J'invite les lecteurs de ce blogue à participer à la Mission Monarque, que ma fille et moi avons décidé de rejoindre. 


Vous trouverez les informations ici : https://www.mission-monarch.org/fr/


J'ai une pensée toute particulière pour A.L. , qui était l'an dernier dans la classe de madame Kathryn, et m'avait exprimé son vif désir de se consacrer à l'entomologie en dépit du fait que sa mère refuse qu'elle collectionne les insectes... voici une extraordinaire façon de le faire. 



  

mardi 19 juillet 2022

Affaire Rondeau et sources de mes propres spécimens

 

Quelques courriels (pas beaucoup, mais quand même) m’attendaient ce matin dans ma boîte. Des enseignantes et une bibliothécaire m’ont demandé mon opinion face au cas de V. Rondeau, de Joliette, dont Le Journal de Montréal fait mention ce matin.

 

https://www.journaldemontreal.com/2022/07/17/une-trafiquante-dossements-piegee-par-les-americains

 

Je vous laisse lire l’article. Personnellement, je n’ai rien à ajouter : la dame a commis un crime, elle a reçu sa sentence. Le commerce d’animaux en danger, le braconnage et le simple fait de tuer un animal pour autre chose que l’alimentation me révoltent. Où madame Rondeau se positionne-t-elle face à ces enjeux ? Cela ne me regarde pas considérant que je ne suis pas son client ; la Cour est seule apte à juger des intentions de cette personne.

J’espère que la marchandise saisie servira à un but éducatif (souvent, elle est donnée à des musées ou des zoos pour être exposée).

 

Est-ce que je la connaissais ? De réputation seulement. Certains collègues cabinetiers qui s’approvisionnent à sa boutique m’ont montré des photos. Je n’y suis jamais allé. J’ai deux curiosités qui en sont issues, obtenues par échange, mais ce sont des objets artificiels : une ancienne bouteille de laboratoire et un chandelier.

 

Pour rassurer celles qui m’ont écrit (je ne sais pas encore quand les tournées scolaires du cabinet s’enclencheront, mais soyons prêts), voici une petite précision au niveau de mes spécimens ostéologiques.

 

Voici l’essentiel de mes possessions et la façon dont je les ai obtenus :


 



1- sanglier : provient d’une ferme d’élevage, récupéré d’un animal tué pour l’alimentation


2- chèvre : provient d’une ferme d’élevage, récupéré d’un animal tué pour l’alimentation


3- porc-épic : dépouille trouvée au bord d’une route


4- pékan : rejeté par les flots sur la grève du St-Laurent


5- lynx roux : dépouille trouvée en forêt


6- coyote: dépouille trouvée au bord d’une route      


7- calao : cadeau reçu, acheté par une amie chez un antiquaire, datant de l’époque où aucune loi ne régissait ce commerce


8- lièvre arctique: dépouille trouvée en forêt


9- renard argenté : acheté au Musée Pointe-à-Callière avec son certificat de source éthique


10- bernache : rejeté par les flots sur la grève du St-Laurent


11- hibou moyen-duc : mon oncle a trouvé une vieille taxidermie mangée par les mites dans une grange quand il a acheté sa demeure. Il allait la jeter, j’ai récupéré le crâne.


12-belette: rejeté par les flots sur la grève du St-Laurent


13-hermine: dépouille trouvée au bord d’une route


14-grand polatouche : rejeté par les flots sur la grève du St-Laurent


15-lépisosté osseux: rejeté par les flots sur la grève du St-Laurent


16-musaraigne : trouvée dans un sentier, morte d’un coup de chaleur


17-souris grise: trouvée en bordure d’un commerce, dans un stationnement      


18-paruline : trouvée dans un sentier, morte d’un coup de chaleur


 


En attente


 


19- goéland argenté : rejeté par les flots sur la grève du St-Laurent


20- canard branchu : rejeté par les flots sur la grève du St-Laurent


21- souris sylvestre : attrapée dans une maison, tuée pour enrayer une invasion


22- oie blanche : rejeté par les flots sur la grève du St-Laurent


23- écureuil noir: tué et abandonné par un chat du voisinage


24- tamia rayé : une connaissance l’a trouvé noyé dans son bac à eau de pluie


 Pour ce qui est de mes reptiles exotiques, ils proviennent de gens qui les avaient achetés en animalerie. J’ai toujours exigé un papier du vétérinaire prouvant que l’euthanasie était nécessaire suite à une maladie ou au grand âge.

 



Je reste disponible pour répondre aux questions.

vendredi 15 avril 2022

Trésors perdus…

On se souviendra que je cherche à reconstituer ma « bibliothèque scientifique » de gamin pour en faire profiter mes enfants. 

Je suis presque parvenu à reconstituer entièrement la collection « Les Yeux de la Découverte », chez Gallimard. C’était essentiellement ma mamie qui me les offrait, à coup de deux ou trois par anniversaire et Noël… 



https://excentriqueunivers.blogspot.com/2020/05/un-tresor-documentaire.html


On les a expédiés le Diable sait où, sous prétexte de faire du ménage — un grand drame de ma jeunesse. J’ai passé des années à reconstituer la collection. 


Mais c’était la partie la plus facile… j’essaie de reconstituer d’autres collections, moins connues, et qui ne sont plus en vente de nos jours. Je sais qu’en écumant eBay, je pourrais reconstituer la série, mais  les frais d’expédition sont très élevés.  


D’abord les Questions/Réponses des 6/9 ans, chez Nathan. La plupart m’ont été offert par ma tante Lise et mon oncle Michel.



Il y avait beaucoup d'autres titres que ceux-ci dans la série 


Puis la petite encyclopédie de la Nature de chez Usborne, qui m’avait été donnée d’un seul coup par mon parrain.




Il y avait beaucoup d'autres titres, ici aussi...


Je sais que plusieurs informations sont désuètes mais au niveau de la limpidité ou de l'approche didactique, il s'agit de petits bijoux. Je suis prêt à donner un très bon prix pour quiconque pourrait me vendre une partie ou la totalité de ces collections.


Contactez-moi via les commentaires si vous avez des exemplaires à vendre...


lundi 4 avril 2022

Encore une pause...

Alors comme la plupart d'entre vous le savez, la famille s'agrandit, et la naissance du petit Léo est prévue pour la fin du mois de mai. 



Cela me laissera bien peu de temps pour mon cabinet, et encore moins pour bloguer. Je croise déjà les doigts pour avoir terminé avant cette date les deux nouvelles de SF qui m'ont été commandées, mon nouveau roman jeunesse, mes articles pour Lurelu et un dossier spécial (je ne révèle pas encore le lieu de publication) sur le documentaire scientifique jeunesse.


Donc... encore une fois je vous donne rendez-vous à la fin de l'été, en espérant cette fois-ci que mon bureau-cabinet soit terminé, ce qui permettra de vous le faire visiter virtuellement. Je compte également reforger l'approche du blogue avec un rythme plus régulier (exemple : présenter un minéral tous les 1er du mois, un insecte le 3, un ossement le 5, une pièce de monnaie le 7, un outil médical le 9 etc... puis on recommence à chaque mois).


Alors on se revoit vers la mi-août !   

vendredi 11 mars 2022

Ouvrez grand !

J’ai toujours eu une certaine fascination pour la chirurgie à l’époque où elle n’était pas pratiquée par des médecins. Pendant longtemps, les médecins étaient des théoriciens réputés alors que les chirurgiens étaient considérés comme des travailleurs manuels de basse extraction. En effet, un médecin n'a pas le droit d'exercer une profession manuelle pour en tirer profit. Pour cette raison, les actes chirurgicaux leur sont aussi interdits.

Ceux-ci sont donc assurés par les barbiers, qui en plus des coupes de cheveux, des bains et des étuves, traitent les plaies, incisent les abcès, pratiquent les saignées… après diagnostic d'un médecin.

 


Soins chirurgicaux selon un manuscrit anglais du XIe siècle : à gauche, patient atteint de goutte aux pieds que l'on incise et cautérise, à droite en haut patient atteint de hernie inguinale, à droite en bas opération des hémorroïdes.

 

Au XIXe siècle, la chirurgie retrouve la noblesse qu'elle avait perdu depuis l'Antiquité grâce à certains chercheurs qui engendreront la « révolution chirurgicale des trois A » :

L'Anesthésie (à partir de 1846) avec Wells et Morton ;

L'Antisepsie (à partir de 1867) avec Lister  ;

L'Aseptie (à partir de 1886) avec Pasteur .

Cette révolution aurait permis aux chirurgiens d'opérer plus largement, sans être limité par la douleur ou les risques infectieux. La réglementation devient plus sévère et des lois, d'abord locale puis nationale, interdisent la pratique de la chirurgie ambulante (pratiquée par un quidam qui était parfois un artisan talentueux dépositaire d'un savoir empirique transmis par un mentor, mais le plus souvent un rebouteux charlatan). Les sept dernières opérations à avoir été autorisées par des guérisseurs ambulants furent le retrait des cataractes, l'arrachage des dents, la saignée, la pose des sangsues, le traitement de la goutte, le retrait des hémorroïdes et l’ablation des amygdales. 

 

C’est d’ailleurs de cette dernière opération, nommée amygdalectomie, dont je vais vous entretenir aujourd’hui, car je viens de mettre la main sur quelques outils chirurgicaux de la fin du XIXe siècle, dont cet Amygdalotome de Fahnestock (modèle le plus "moderne", datant de 1898), joyeusement surnommé la « guillotine à amygdales ».  



L’amygdalectomie est pratiquée depuis l'Antiquité. À l'origine, elle se faisait soit en les arrachant avec les doigts, soit au couteau après ligature du pédicule.

L'amygdalotome dit "à fourchette" apparait au XIXe siècle. Il s'agit d'une lunette de métal devant laquelle passe une lame qui tranche l'amygdale d'un seul coup, d'où son surnom de guillotine.





Cet outil particulièrement inquiétant fonctionnait à la manière d'une véritable guillotine et permettait de retirer les amygdales infectées.




Cet outil fût cependant remplacé au début du XXème siècle à cause du fort taux d'hémorragie lors des opérations et de la nature imprécise de la machine, qui laissait souvent des restes d'amygdales.


Aujourd'hui, on s'est aperçu que les amygdales, organe lymphoïde, ont un rôle important et que les retirer supprime une barrière immunitaire pouvant, notamment, déclencher des bronchites asthmatiformes. D'où le fait que leur ablation est beaucoup plus rare qu'auparavant.

J'ai un joli lot d'outils que je présenterai de temps à autre sur le blog et croyez-moi, la plupart sont aussi terrifiants que celui-ci.

De quoi se réjouir des progrès de la chirurgie ! 



dimanche 6 mars 2022

Gardez-moi une place au banquet !

 


Sois  assuré  que  tu ne  m'embêteras  jamais  en me  parlant 
de ce qui  te passionne. Tu es astronome ? J'ai des  questions. 
Tu dessines des cartes de la Londres médiévale ? Tu me plais.
Le monde est un banquet de connaissances et chacun de nous 
a apporté un plat à table. Festoyons !



 -Traduction très libre de votre humble serviteur





Une amie m'a texté une capture d'écran de ce tweet en me disant que j'aurais pu en être l'auteur. Effectivement.  J'ai toujours adoré entendre parler les gens de ce qui les passionne. Il y a tellement de connaissances à acquérir sur tellement de sujets et, forcément, je n'aurai pas assez d'une vie pour en connaître le centième. 

Absolument tous les sujets sont riches en détails qui me fascinent et cela, même si le sujet lui-même a peu d'attrait pour moi. J'ai déjà écouté un collègue auteur me parler pendant une heure des subtilités de la musique heavy metal et des variantes du cinéma d'horreur alors que je n'écoute ni l'un, ni l'autre --- ça n'en reste pas moins fascinant. Saviez-vous que plusieurs chanteurs de musique heavy metal font une formation de chant d'opéra ? C'est logique quand on y pense... qui plus est, avec sa structure narrative, ses personnages et ses costumes, la culture heavy metal est très proche de l'opéra. 

Cela dit, la musique heavy metal ne m'attire pas du tout (alors que j'adore l'opéra). Mais j'ai trouvé si passionnant de découvrir que certains albums racontent, une mélodie après l'autre, une sorte d'épopée, exactement comme un opéra ou un ballet. Curieux, j'ai essayé d'écouter l'un des albums recommandé par ce passionné. J'ai détesté la première chanson et j'ai cessé mon écoute à la seconde. Toutefois, je suis ensuite allé lire les paroles (souvent de grande qualité poétique) et j'ai googlé des photos du spectacle. Ça m'a donné un aperçu.   

C'est tellement fascinant d'en apprendre davantage sur un domaine inconnu lorsque la personne qui vous en parle vous offre sa culture sur un plateau d'argent, sans condescendance ni mépris, juste pour le plaisir de partager ses connaissances.  

Les discussions entre cabinetiers, ou avec des collectionneurs, sont évidemment riches en découvertes. J'ai également la chance de lire les billets numismatiques de Clodjee ou les Carnets du Futurible, entre autres. Ce sont toujours des sujets que j'adore. S'il avait vécu de nos jours, Jean-Henri Fabre aurait probablement été très actif sur les médias sociaux, à publier des vidéos d'insectes qu'il aurait filmé avec son cell et partageant ses succès et déboires entomologiques dans des billets savoureux (il avait de nombreux correspondants et tenait à ce que ses observations soit d'une limpidité accessible au grand public). J'adore Québec Science, National Geographic, Art in America, Historia, et j'en passe...

Mais je crois qu'il convient aussi de sortir de sa zone de confort, comme j'ai raconté plus haut à propos du heavy metal. 

Le cabinetier, le vrai, est un spectateur du grand Théâtre du Monde ; toutes les merveilles de la Nature et toutes les connaissances humaines sont sur un même pied d'égalité. Le Cabinetier digne de ce nom traite tous les sujets avec la même curiosité et s'efforce de garder l'esprit ouvert à toutes les connaissances. Il n'y a aucune hiérarchie entre les divers registres du Savoir. Rien n'oblige le Cabinetier à s'intéresser à tout, mais par définition, hiérarchiser les connaissances est à l'opposé de l'esprit même d'un cabinet qui se veut une représentation en miniature des connaissances du monde entier.

Il n'y a pas de sot métier. Il n'y a pas de bas-savoir.       

Le monde est un banquet de connaissances et chacun de nous a apporté un plat à table. 

Festoyons... mais surtout, goûtons à tous les plats !