mercredi 6 janvier 2021

Fut un temps où on fabriquait de belles choses...

Dans Solaris 203, le Futurible débute son carnet « Quand la règle à calcul était reine, ou les calculateurs analogiques d'autrefois » avec cette citation :

 

 

C’est élégant, maniable. L’arme noble d’une époque civilisée.

Obi-Wan Kenobi

 

Bien entendu, je ne peux que répéter cette réplique en commençant ce billet.

 

Je ne m’attarderai pas à parler des règles à calcul en général, ni de leur fonctionnement (pour cela, je vous réfère à l’article du Futurible qui décrit tout cela bien mieux que je pourrais le faire moi-même).





Comme il s’agit d’un blogue consacré à mes curiosités, je vais vous entretenir spécifiquement de ma règle à calcul, une antiquité datant de l’époque où les outils scientifiques étaient fabriqués avec des matériaux nobles.

 

Alors voici :




 

 

Les appareils scientifiques sont les objets parmi les plus faciles à dater pour un cabinetier. Les inventaires de musée, les catalogues et les sites de collections abondent sur le web. En plus du catalogue de la A.W. Faber, deux sites crédibles m’ont spécialement servi :


https://www.sliderulemuseum.com

https://americanhistory.si.ed

 

On découvre ainsi que ma règle à calcul a plus d’un siècle, ayant été fabriquée entre 1898 et 1900. Une première mention nous permet de circonscrire les dates entre 1898 et 1913 :


Between 1898 (Registered Design D.R.G.M. of 98350) and 1913 (the firm was renamed Faber-Castell in 1905, although instruments continued to be marked "A. W. Faber" as late as 1913).


Puis le tableau de datation du Slide Rule Museum indique que la mention « made in Germany » a cessé en 1900.







 

Le site American History nous donne des précisions sur les matériaux qui la composent :

 

overall material : wood (oak)

laminate material : celluloid (ivoirine)

cursor material : glass

part material : metal (silver)

 

The bottom of the base is marked in gold: A. W. FABER. D.R.G.M. 98350

 

 

En français : la structure est en bois de chêne, le plaquage en ivoirine (une résine chargée en poudre d'ivoire et polymérisée), le curseur en verre (avec un léger facteur grossissant), les pièces de métal en argent. La marque et le modèle, A. W. FABER. D.R.G.M. 98350, sont marqués en or.

 

Ce magnifique objet m’a été offert par l’arrière petite-fille d’un navigateur de la marine britannique.   

jeudi 26 novembre 2020

Cher (ère) PineCone...

Ce message s'adresse à la personne qui, depuis trois semaines, laisse des commentaires injurieux sur mon blogue en signant sous le pseudonyme "PineCone". Toutefois, j'invite tous les lecteurs du blogue à le lire, au cas où vous y trouveriez réponses à certaines préoccupations.


Cher (chère ?) PineCone,


Oui, je supprime tes commentaires en modération. Ce n'est pas à cause de tes opinions que tu qualifies de "gaïstes" (je t'invite d'ailleurs à te documenter sur ce courant philosophique, tu risquerais d'être surpris). Je supprime tes commentaires parce qu'ils sont injurieux, mensongers, hérissés de vulgarités.   


Je vais tout de même mettre quelques éléments au clair.


À l'exception des insectes, aucun animal n'a été tué pour mon cabinet. Les squelettes viennent d'animaux morts dans la nature (c'est pour cela qu'ils sont généralement incomplets), d'animaux de ferme tués pour être mangés, d'animaux décédés sur le bord des routes ou d'animaux ayant été euthanasiés par un vétérinaire car trop souffrants --- ce dernier cas est aussi celui des reptiles préservés dans l'alcool. Dans chacun de ces cas, l'animal serait mort que je recueille ou non sa dépouille. Je n'ai commandé (et encore moins procédé à) la mise à mort d'aucun animal dans un but de collection.


Les curiosités issues d'animaux en voie d'extinction (comme l'ivoire, dont tu fais grand cas), proviennent du marché des antiquités. Ces animaux ont été tués il y a souvent plus d'un siècle, alors que l'idéologie était différente. Je condamne tout comme toi le massacre des éléphants et tu as bien raison de t'insurger. Jamais je n'obtiendrais, par le commerce régulier, de l'ivoire autre que celui d'un phacochère d'élevage alimentaire ou de l'ivoire fossile. 


Parlons maintenant des insectes. Pour paraphraser l'entomologiste Yves Dubuc, jamais un collectionneur ne pourra, dans toute sa vie, tuer davantage d'insectes qu'un prometteur immobilier avec un seul de ses projets. Je te signale également que je ne fais pas la vente d'insectes, contrairement à ce que prétendent tes accusations. Les insectes que je capture sont pour mon propre cabinet ou pour procéder à quelques rares échanges (trois spécimens jusqu'ici). Je ne capture pas d'insectes en voie d'extinction et je ne capture pas plus d'un insecte de chaque espèce sauf A) en cas de dimorphisme sexuel ou B) en cas d'espèces étrangères envahissantes où, dans ce cas, je rends service à l'écosystème. Mes insectes sont euthanasiés à la congélation et ne souffrent pas --- d'ailleurs, les insectes ne ressentent pas la douleur, alors ta comparaison avec ce fermier qui noie ses chiots est totalement inadéquate.


Le dossier des minéraux, maintenant. 95% des minéraux que je possède viennent du Canada, des États-Unis ou de l'Union Européenne, où le travail des enfants est illégal (dans l'essentiel, ils viennent du mont St-Hilaire, véritable mine aux trésors où le dixième de tous les minéraux du monde est présent). Les quelques minéraux que je possède provenant du continent africain ne sont pas des minéraux qu'on exploite dans un contexte minier (où parfois, je te l'accorde, des enfants sont enfermés sous terre de longues semaines dans des situations révoltantes). Mes minéraux africains sont des pierres qu'on trouve en ratissant le sol ; la plupart du temps, leur vente apporte un revenu essentiel aux communautés locales.    


Alors voilà. 


Si tu désires débattre sur mon blogue de façon respectueuse, cordiale et rationnelle, tu es le bienvenu. Je t'invite toutefois à signer ton vrai nom : c'est ce qu'on appel avoir le courage de ses convictions. Sinon, plutôt que de te défouler sur mon blogue, je t'invite à consulter les sites d'organismes de défense de la Nature tels que GreenPeace ou PETA pour trouver une façon positive de t'impliquer et diriger ta colère bien justifiée contre les bonnes cibles. Tu obtiendras ainsi des résultats qui feront réellement avancer les choses car je crains que ton discours actuel contribues à répandre un triste préjugé sur les défenseurs de la Nature. 


Garde tes convictions, elles sont nobles. Le monde a bien besoin de chevaliers de l'écologie tels que toi, mais devenir chevalier demande de prendre son rôle au sérieux. Avant de combattre, il te faut connaître ton ennemi et choisir les bonnes cibles. Affûte le glaive de ton argumentation avec des sources fiables et une solide documentation : tu n'en seras que plus efficace quand tu pourfendras les vrais ennemis de notre belle planète.


Très cordialement,


Sébastien

dimanche 22 novembre 2020

Il a traversé des années-lumière pour aboutir dans mon cabinet…

 

Voici une curiosité que j’affectionne particulière : il s’agit d’un éclat de la météorite de Gibeon, en Namibie.

 




Cette parcelle est très petite, mais je crois que la photo permet de discerner les structures de Thomson. Juste au cas, voici un autre exemple de ces structures, cette fois sur une photo prise sur le web.



 


Les structures de Thomson apparaissent quand une recristallisation se produisant dans l'acier au-dessus de 1 000 °C. Ces formes géométriques sont connues pour être une des caractéristiques des météorites de fer.



 

 

Le champ d'éparpillement des fragments de la météorite de Gibeon recouvre une zone elliptique de 275 km de long sur 100 km de large. Les fragments de la météorite sont connus depuis plusieurs siècles par les Namaquas, peuple de pasteurs d'Afrique australe.

 

Des siècles avant l’Age du Fer, les peuples de Namibie utilisaient le fer météoritique, très pur, pour fabriquer des couteaux, des pointes de flèches et de lances et d'autres outils. Ils purent ainsi s’imposer dans leur région grâce à cet armement supérieur. Pragmatiques, ils troquaient  à un prix exorbitant certains objets de fer déjà forgés et ne pouvant servir d’arme, se gardant bien de révéler la provenance de cette matière stupéfiante.  

 

En 1836, le capitaine britannique J. E. Alexander en recueille quelques échantillons et les expédie à Londres. John Herschel les analyse et confirme leur origine météoritique.

 

***

Cela n’est pas sans rappeler « Le Monde du Fleuve » de P.J. Farmer, un classique de la SF. Il est très difficile d’en aborder l’intrigue sans divulgâcher, mais dans ce monde, le métal est totalement absent… jusqu’à ce qu’une météorite ne s’écrase et y apporte le fer, engendrant une réelle révolution.


J’ai également mentionné d’autres moments où le fer météoritique a influencé l’Histoire ici :

https://excentriqueunivers.blogspot.com/2019/10/artificialia-de-lart-de-sentretuer.html

 

***

 

Mais pour en revenir à ma parcelle de météorite à moi… J’éprouve une sensation très spéciale en tenant cet objet dans mes mains. 


Quelque part aux confins de l’espace, il y a des millions d’années, une pierre s’est mise à voyager… qui sait combien de systèmes solaires elle a traversé ? Et pendant combien de temps ? 




Puis, sur les millions de corps en mouvement qu’elle a pu croiser, les Lois de la Physique ont voulu qu’elle aboutisse sur notre petite planète. 



En s’écrasant, elle a modelé le destin des peuples de l’Afrique australe.




C’est fou, non ?

Une pierre se met en mouvement des millénaires auparavant. Le jeu mathématique des forces en a décidé ainsi. Dans cette grande horlogerie céleste, le destin privilégié des peuples antiques de la Namibie s’est écrit avant même que l’être humain n’existe.

Puis voilà que ce petit éclat, sur les dizaines de milliers d'éclats qui se sont éparpillés, a été trouvé, puis a abouti entre mes doigts... 



...mais sa route à travers le temps se poursuivra longtemps après que mes os ne soient réduits en poussières. Je ne suis, pour ainsi dire, que son compagnon de voyage pour la durée d’un battement de cil.

 

C’est un drôle de sentiment. On se sent à la fois insignifiant et tellement privilégié.

 

 

 

 

 

mardi 17 novembre 2020

Au fond, fallait juste y penser…

Essentiellement, j’ai monté mon cabinet avec ce que je trouvais dans la nature, à bas prix dans les brocantes et des cadeaux. Je crois que ce qu’on m’a le plus offert, ce sont les coquillages. Faut dire que la plupart des gens qui voyagent un peu en ramassent, puis les laissent s’empoussiérer. Donc on m’en a donné beaucoup, provenant autant des Antilles ou du Pacifique que du Groenland ou de l’Islande.

 

Mon petit présentoir, fabriqué il y a deux ans, ne suffisait plus…

 




…puis j’ai repensé à ce gros coffre à coutellerie, en noyer, qu’un monsieur m’avait offert en même temps que quelques autres cadeaux, dont un appareil photo antique.

 

Alors voici…  

 








Pour ceux que ça intéresserait, on en trouve régulièrement dans les brocantes et les Villages des Valeurs ; à tout hasard, j’ai tapé « coffre à coutellerie » sur Kijiji et on m’a proposé celui-ci pour 10$...





Hippopus hippopus


Je vais continuer à présenter quelques espèces de coquillages de temps à autre. Je vous montre ici Hippopus hippopus, ou "bénitier pied-de-cheval".





La taille adulte est comprise entre 25 et 40 cm, voire 50 cm. La maturité est atteinte vers 15 cm. Certains bénitiers très âgés peuvent mesurer plus de 2m.


  
C'est une espèce qui vit posée sur le sable (préférentiellement du sable blanc fin et propre), jusqu'à une trentaine de mètres de profondeur maximum, et qui demeure mobile toute sa vie contrairement aux autres bénitiers.




Un hippopus hippopus dans son milieu naturel


On la trouve essentiellement dans l'océan Pacifique ouest et la région indonésienne. C'est un animal filtreur, qui se nourrit en grande partie de la matière organique en suspension dans l'eau 

Elle est souvent collectée pour sa belle coquille ou pour sa chair ; cependant sa croissance très lente rend ce type de pêche peu durable, car les stocks peuvent mettre plusieurs décennies à se régénérer après une unique séance de récolte. L'espèce serait même déjà totalement éteinte dans plusieurs pays du Pacifique.

En Europe, de gigantesques coquilles de ces mollusques furent utilisées comme bénitiers dès la Renaissance, notamment dans les églises les plus riches capables de se procurer des objets venus de si loin (aucune espèce n'est répertoriée dans l'océan Atlantique).


Des coquilles fossilisées (notamment du Pléistocène) réapparaissent à la surface du sol quand on creuse les roches calcaires d'origine corallienne des régions tropicales (par exemple au Kenya). Rares et précieux, ces coquillages ont été travaillés depuis 11 000 ans, sculptés, polis, possédés et échangés, dans une grande partie de l'Asie du Sud-Est. Les chefs mélanésiens appréciaient beaucoup ces objets de prestige, autrement plus durables que les objets sculptés en bois, jusqu'à leur attribuer des pouvoirs spéciaux --- on dit qu'en les utilisant comme bassin divinatoire, on peut y prédire les tempêtes.


Une espèce voisine de mon spécimen


Les bénitiers peuvent fabriquer des perles et les plus énormes viennent de ces espèces, tel que montré (encore une fois !) dans Vingt mille lieues sous les mers.




jeudi 12 novembre 2020

Un mystère antédiluvien, partie II

Dans un billet récent, je vous parlais du nautile, un céphalopode à coquille.



 

Je possède également la coquille d’un autre céphalopode, moins connu : l’argonaute.  




Mais laissons à Jules Verne — ou plutôt à son personnage, le professeur Aronnax — le soin de nous le présenter alors que le Nautilus en fait la rencontre.

 

***

 

À cinq heures du soir, avant ce rapide crépuscule qui lie le jour à la nuit dans les zones tropicales, Conseil et moi nous fûmes émerveillés par un curieux spectacle.

Il est un charmant animal dont la rencontre, suivant les anciens, présageait des chances heureuses. Aristote, Athénée, Pline, Oppien, avaient étudié ses goûts et épuisé à son égard toute la poétique des savants de la Grèce et de l’Italie. […] Nous pouvions en compter plusieurs centaines. Ils appartenaient à l’espèce des argonautes tuberculés qui est spéciale aux mers de l’Inde.

Ces gracieux mollusques se mouvaient à reculons au moyen de leur tube locomoteur en chassant par ce tube l’eau qu’ils avaient aspirée. De leurs huit tentacules, six, allongés et amincis, flottaient sur l’eau, tandis que les deux autres, arrondis en palmes, se tendaient au vent comme une voile légère. Je voyais parfaitement leur coquille spiraliforme et ondulée que Cuvier compare justement à une élégante chaloupe. Véritable bateau en effet. Il transporte l’animal qui l’a sécrété, sans que l’animal y adhère.



***


L’argonaute a un dimorphisme sexuel très marqué, les femelles adultes étant 10 à 15 fois plus grandes que les mâles. L’accouplement est plutôt particulier : afin d’éviter d’être dévoré par la femelle, le mâle va sectionner (autotomiser pour prendre le vrai terme) son « bras-pénis »,  nommé hectocotyle et l’envoyer à la femelle pour qu’elle se féconde elle-même.



Après « l'accouplement », la femelle sécrète une sorte de coquille, la nacelle, qui peut mesurer jusqu'à 30 cm de long. Elle y dépose ses œufs, pour qu'ils éclosent. Elle s'accroche alors à la nacelle, et la transporte partout avec elle, afin de garder ses œufs en sécurité.

Lorsque la mer est calme et qu'il n'y a pas de danger, l'argonaute remonte à la surface avec sa nacelle, et laisse sortir de l'eau deux de ses tentacules, aplatis et équipés de petites membranes, qui les font ressembler à des voiles.




On a jadis affirmé que l’argonaute utilisait ses tentacules plats pour naviguer, comme avec des voiles. Puis on a prétendu que c’était un mythe. Puis des observations récentes semblent réaffirmer que l’argonaute navigue réellement au gré du vent. Même la littérature spécialisée diverge à ce sujet… mais je dois admettre que je trouve tellement poétique l’idée de cette pieuvre gouvernant son petit navire…

 

En anglais, on surnomme l’argonaute paper nautilus, à cause de sa ressemblance sommaire avec le nautile et de la finesse de sa coquille. Faut vraiment la tenir dans ses mains pour comprendre ! Un coquillage est généralement dur et plutôt lourd : la coquille du nautile est de ce genre. Mais la coquille de l’argonaute est vraiment légère et fine… ceux de ma génération ou plus âgés comprendront si je la compare à une hostie, pour les autres je ne sais pas quel comparatif utiliser… du Rice Krispies, peut-être.

 


Ma coquille d'argonaute

Cela dit, malgré le fait que le nautile et l’argonaute soient des céphalopodes pourvus de coquilles, ils restent de lointains cousins. Je repasse d’ailleurs le micro à l’oncle Jules pour la conclusion :    

 

« …que la famille des dibranchiaux renferme trois genres, l’argonaute, le calmar et la seiche, et que la famille des tétrabranchiaux n’en contient qu’un seul, le nautile. Si après cette nomenclature, un esprit rebelle eût confondu l’argonaute, qui est acétabulifère, c’est-à-dire porteur de ventouses, avec le nautile, qui est tentaculifère, c’est-à-dire porteur de tentacules, il aurait été sans excuse ».

lundi 9 novembre 2020

Défense d’y voir

Quiconque sait un jouer du piano, ne serait-ce qu’en amateur, conviendra que la sensation sur de vraies touches d’ivoires est presque symbiotique et ne peut se comparer à aucune autre. Probablement parce qu’il s’agit d’un matériau organique — je dirais que ça se rapproche de la différence entre le bois massif et la mélamine.

 


Le gros du problème, avec l’ivoire, c’est qu’il provient d’animaux en danger d’extinction — ledit danger ayant été engendré par la convoitise de l’ivoire. C’est répugnant, admettons-le : si l’humanité avait été un peu plus mature et raisonnable, elle aurait tout simplement pu prospecter les dépouilles d’animaux morts naturellement… au lieu de cela, on décime la faune et basta !


(on utilisait même l'ivoire pour faire les boules de billard... et c'est en cherchant un produit de remplacement que fut inventée la bakélite, le tout premier plastique)

 

Mon amour pour l’ivoire ne vaudra jamais la mort du moindre animal, ça je vous le garanti — reste que j’ai quelques objets d’ivoire dans mon cabinet, tous obtenus de façon éthique, bien entendu.

 

L’ivoire provient des dents de gros animaux — l’éléphant, l’hippopotame, le narval, le morse et le cachalot sont les plus répandus. 


Défense d'hippopotame


Dent de cachalot


Défenses de narval

(J'ai choisi des images qui montrent bien les dimensions)


Le phacochère et le potamochère ont aussi des défenses d’ivoire — ces derniers représentent, selon moi, une source d’ivoire beaucoup plus « éthique », car dans certains pays ce sont des animaux d’élevage. 


« Dans l’cochon, tout est bon » dit l’adage, et c’est aussi vrai pour ses cousins avec lesquels rien ne se perd, jusqu’au poils qui servent à faire des brosses, au cuir, aux os qui donnent de la colle… et aux défenses. Alors rendu là, je veux bien : l’ivoire de phacochère est le seul ivoire légal, d’ailleurs. Le problème, c’est qu’une fois qu’un objet est manufacturé en ivoire, il est difficile d’en connaitre la provenance.

 

Oups… je disais que seul l’ivoire de phacochère est légal… c’est pas tout à fait vrai. Il y a aussi l’ivoire fossile (j’y reviendrai) et… l’ivoire de cervidé.

 

Car oui, certains cervidés ont des défenses !

 

Le wapiti en possède de minuscules…



 


…mais celles du cerf d’eau chinois sont assez impressionnantes.

 

 


 

En fait, presque toutes les espèces de proto-cervidés avaient des défenses. Ils étaient, pour la plupart, de la taille d’un chevreau (je parle d’une époque bien avant de megaloceros).



 

 

Ces défenses servaient probablement à fouir le sol et la vase, un peu comme le font les suidés, tout en jouant en rôle dans les combats nuptiaux et territoriaux.  

 

 

Bon… sur ce, voici mes curiosités d’ivoire…

 

Défense de phacochère

 


 

Défense de morse (antiquité)

Il s’agit d’un don provenant d’un petit musée privé du coin de Sept-Iles qui a fermé suite à la covid. On m’a fait cadeau de cette défense antique, joliment gravée (je chausse du 10, pour l'échelle).


 


Morceau de défense d’éléphant (antiquité)

L’objet date de plus de 80 ans, bien avant la législation sur l’ivoire.



 

Morceau de défense de mammouth (préhistorique)

Avec la fonte des glaces en Sibérie, beaucoup de restes de rhinocéros laineux et de mammouth se retrouvent exposés. Certaines régions deviennent des El Dorado de l’or blanc et le commerce est en pleine effervescence.




Mon petit frère m’a fait don de cet éclat de défense de mammouth en faisant affaire avec un vendeur spécialisé et réputé mondialement.




dimanche 8 novembre 2020

D'autres aventures...

 ...juste avant de présenter mes nouvelles curiosités, j'aimerais partager avec vous d'autres suggestions de lectures de type "aventures naturalistes". 


Il s'agit, encore une fois, d'une liste partielle et partiale. Il y a ici un mélange de romans historique, de romans d'aventure, de science-fiction et de fantasy, autant pour les jeunes que les adultes. 


Seules comptent l'aventure et la découverte scientifique...


Un charmant petit roman, peu connu, qui varie sur le thème du "monde perdu" en ajoutant toute une garnison de militaires persuadés que la Seconde Guerre n'est pas terminée...



  


Un petit bijou, comme tout ce que fait Kenneth Oppel pour les adolescents. Un univers steampunk regorgeant de pirates et de créatures stupéfiantes. Il s'agit du premier tome d'une trilogie. Le second est encore meilleur. Le troisième vaut le premier. Mon coup de coeur de 2016.






C'est Francine Pelletier qui m'a fait découvrir cette série (21 tomes et un inachevé, si je ne m'abuse). Un capitaine britannique sillonnant le monde pendant les guerres napoléoniennes, avec à son bord l'archétype du médecin de bord / naturaliste. Le film est plutôt bien.



  


Un classique qui a inspiré Jules Verne et H.P. Lovecraft par l'un des premiers grands hommes de lettres des États-Unis.





Faut-il vraiment présenter celui-ci ?






Ditto... ;)




Un livre de SF peu connu, qui a certes ses défauts, mais qui raconte le voyage d'un navire navigant sur une mer de poussière, commandé par un capitaine naturaliste. 





Un texte moins connu, mais peut-être l'un des plus fascinants, de l'écrivain qui nous a donné Tarzan, La princesse de Mars et Pellucidar --- ce dernier étant également un bon choix.







La "suite" que Verne a imaginé à Arthur Gordon Pym. Certains trouvent qu'elle enrichie l'histoire, d'autres qu'elle la gâche. Je fais partie des rebelles qui préfèrent y voir une oeuvre indépendante, ne serait-ce que pour ne pas "altérer" l'effet du roman de Poe.







 
On m'a très chaudement recommandé ceux-ci, mais je ne les ai pas encore lu.... à suivre...



D'autres suggestions de romans d'aventures naturalistes viendront. D'ici là, pour ceux qui voudraient voir mes précédentes suggestions...

 

https://excentriqueunivers.blogspot.com/2020/04/pour-se-lancer-dans-de-grandes.html


Où je parle de :

Vingt mille lieues sous les mers de J. Verne adapté en album par F. Boulanger.

Les derniers géants de F. Place

Le monde perdu, A.C. Doyle

Les îles du Ciel, Daniel Sernine

Darwinia, de R. C. Wilson

La saga de Tyranaël, de E. Vonarburg


https://excentriqueunivers.blogspot.com/2020/02/sur-les-traces-du-professeur-lidenbrock.html

Où je parle de Voyage au Centre de la Terre


https://excentriqueunivers.blogspot.com/2020/02/aquafauna-3-sur-les-traces-du-capitaine.html

Où je parle de 20.000 lieues sous les mers



Et j'invite, bien entendu, quiconque en a envie à laisser ses propres suggestions en commentaires. Comme ils disent sur RadioCan : Plus on est de fous, plus on lit !